“vous ne posséderez plus rien et vous serez heureux”

En 2015 le Forum Economique Mondial présente son « programme de développement durable et plan d’action pour l’humanité, la planète et la prospérité » à l’horizon 2030. Jamais un Agenda du progrès de tout et pour tous ne fut aussi total, pensé avec une si parfaite volonté de faire le Bien sur terre, à tel point que les peuples n’ont pas leur mot à dire et qu’il n’est pas utile de le lire : lisez-le quand même, il s’agit de nous, c’est enfin l’Eden ! D’ici 2030 tous les fléaux et les maux dans tous les domaines de notre douloureuse Histoire doivent être éradiqués. Nous sommes en 2026. Notre Maison brûle de toutes parts et de toutes les façons, l’Agenda suit son cours. Y aurait-il inversion entre le discours et le fait ? Et alors, que fait le discours, qu’il ne dit pas ?

2030. date fatidique du programme commun pour résoudre le problème humain. la solution finale. n’est-ce pas la dissolution de l’assemblée des peuples. de la nature. de la lumière vive de l’inconnu. 2030 échéance à terme du théâtre des opérations. l’opération des cycles accomplie. la cybernétique comme solution pour la pensée. en contre lumière à l’improviste du souffle hors code. tu pleures dans les flammes.

Par une planification en dix-sept promesses couvrant le champ entier de la manifestation humaine et terrestre (éradication de la pauvreté et de la faim, accès à l’éducation et à la santé pour tous, consommation et production responsables, transition vers des énergies propres et une économie numérique dématérialisée, sécurisation du contrat social et rentabilité du travail par la robotisation… jusqu’au sauvetage de l’humanité, présenté comme inévitable, par la conquête spatiale), L’Agenda de Davos décrète et instaure le nouveau régime mondialiste du capitalisme communiste – ou comment résoudre les antithèses qui furent toujours un même système déguisé en rêve du pouvoir de contrôle, d’esclavage et de mort.

la pensée duale du grand joug humain en ses facéties d’autohypnose atmosphérique. les images, les mirages, les concepts. mais le meurtre et les cadavres sont. le son mortuaire de la phase ultime de la production maximalisée du capital de la douleur par tous les moyens algébriques du calcul. seule la pensée dans ses plans de l’avoir n’y voit que du feu. ne se peut pleurer pour éteindre l’incendie. le grand incendie. ça va le sang le dit. l’évacuation des peuples. de tout quoi. stock humain liquidé. les robots dernière phase de l’extermination programmée. par-delà bien et mal, vérité et mensonge. que dire ça interroge. peut-être. la mort s’en fout. la lumière vire au rire. soleil pâle. visage pâle. râle dans la fureur et le sang de. la pensée seule cogite. produit la fin de la finitude de son échec. l’humaine résistance au flux. le grand luxe du virtuel quoi. pour le méta-univers des ruines. l’espace vide d’espèces. à mourir de mort. et la propagation de la presse – pression expresse…

aurélien réal et nathanaël flamant

Photographie : aurélien réal

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